Armagnac :

Une histoire, un produit...

Une histoire :

L’Armagnac est une des eaux-de-vie les plus anciennes de France et s’appuie sur la volonté de préserver un savoir-faire traditionnel. Grâce à Maître Vital Dufour, Prieur d’Eauze (1260 – 1327), érudit homme de foi et féru de médecine, nous sommes en mesure de dater les premières mentions de l’Armagnac en 1310, quand on l’appelait encore « Aygue Ardente ». L’Armagnac existe depuis plus de 700 ans !

Un produit :

L’Armagnac est une eau-de-vie française conçue à partir de vin blanc distillé, vieillie dans des fûts de chêne et mise en bouteille à au moins 40° d’alcool au sein d’une zone délimitée (Appellation d’Origine Contrôlée). L’Armagnac est toujours distillé au cours de l’hiver, en réalité à partir du mois de novembre, jusqu’au 31 mars de l’année suivant la récolte. La plupart du temps, les vins sont distillés dans un alambic continu armagnacais fabriqué à partir de cuivre pur, ce qui donne son caractère à l’eau-de-vie. Aujourd’hui encore, certains producteurs continuent d’utiliser des alambics ambulants et de faire appel à des distillateurs itinérants. Un Armagnac peut être un assemblage (plusieurs eaux-de-vie issues de différents fûts, de différents domaines ou de différentes récoltes) ou bien un millésime (une seule année de récolte). L’Armagnac est un produit artisanal fabriqué en toutes petites quantités par les viticulteurs et les producteurs de Gascogne qui perpétuent un savoir-faire traditionnel et confèrent ainsi à cette eau-de-vie sa personnalité riche et variée. Il n’existe pas qu’un seul Armagnac, mais une multitude de possibilités et de variations.

Trois terroirs

AOC, qu’est ce que cela signifie ?

L’Appellation d’Origine Contrôlée « Armagnac » remonte à l’année 1936 et définit de manière stricte les conditions de production garantissant le caractère unique et l’authenticité du produit. L’Armagnac est exclusivement fabriqué dans trois départements : le Gers, les Landes et le Lot-et-Garonne, et trois terroirs : le Bas-Armagnac, l’Armagnac-Tenarèze et le Haut-Armagnac.  Ce territoire, à la forme singulière d’une feuille de vigne, se compose de 15 000 hectares de vignobles, dont 5 200 sont exclusivement réservés à la production d’Armagnac. Le climat y est tempéré et doux sous l’influence des Pyrénées. Trois terroirs marquent profondément le caractère de cette eau-de-vie tant appréciée :

Bas-Armagnac

Le Bas-Armagnac s’étend sur le côté ouest de l’Armagnac à travers les Landes et le Gers. Les vignes y poussent sur des sols argileux pauvres et acides contenant des éléments ferrugineux (les « sables fauves ») dans la région des Landes et plus siliceux (les « boulbènes ») dans le Gers. Ce terroir est connu pour produire l’Armagnac le plus riche, le plus floral, fruité et délicat.

Armagnac-Tenarèze

L’Armagnac-Tenarèze s’étend entre la partie nord-ouest du Gers et le sud du Lot-et-Garonne. Les vignes, qui poussent sur un sol argileux et siliceux, donnent des eaux-de-vie puissantes et corsées bien que les distillats requièrent généralement une longue période de vieillissement, de 20 à 30 ans, pour atteindre leur pic et leur expression complète.

Haut-Armagnac

Le Haut-Armagnac s’étend sur la partie est du Gers et une petite partie du Lot-et-Garonne. La région est connue pour son Armagnac « blanc » en raison de ses sols calcaires et argilo-calcaires. Les vignes y sont assez rares à cause du paysage en coteaux crayeux. Ces eaux-de-vie sont vigoureuses, mais doivent généralement être bues jeunes.

Trois sources d’authenticité

Des cépages originaux

Pour réaliser un bon Armagnac, la qualité du vin est primordiale et le savoir-faire du vigneron fondamental. Les meilleurs Armagnacs sont fabriqués à partir de vins blancs secs présentant une forte acidité et un faible taux d’alcool. Seuls 10 cépages sont enregistrés dans le décret relatif à l’Appellation d’Origine Contrôlée « Armagnac ». Toutefois, les trois principaux cépages utilisés dans la distillation de cette eau-de-vie sont :

Ugniblanc

Ugni Blanc

L’Ugni-Blanc est à l’origine un cépage de Toscane, en Italie, où il est appelé « Trebbiano Toscano ». Il convient très bien aux trois terroirs d’Armagnac, et donne un vin acide peu alcoolisé qui en fait le raisin de distillation par excellence. Hautement résistant au gel et bien adapté aux sols argileux et calcaires, il produit des eaux-de-vie fines de grande qualité.

Folle blanche

Folle Blanche

La Folle Blanche, également appelée « Piquepoul », était le cépage le plus répandu avant sa destruction par le phylloxera en 1878. Aujourd’hui, il est assez rare dans la mesure où sa culture par porte-greffe le rend plus fragile et relativement difficile à entretenir. Ce cépage donne un Armagnac raffiné, particulièrement apprécié pour ses notes délicates et florales.

Baco

Baco

Le Baco, également appelé « Baco 22A », est un hybride créé par M. Baco à la suite de la crise phylloxérique. Croisement de la Folle Blanche et du Noah, il convient spécialement aux sols sablonneux du Bas-Armagnac qui donnent à l’eau-de-vie de la rondeur, de la fluidité et des arômes de fruits mûrs, en particulier après une longue période de vieillissement. Il s’agit d’une variété robuste qui nécessite moins d’entretien que les autres.

Autres cépages:

Les autres variétés, telles que le Colombard, la Clairette de Gascogne, le Jurançon-Blanc, le Plant de Graisse, le Meslier Saint François et le Mauzac-Blanc ou Rosé, sont plus rares et ne comptent que quelques hectares de vignes dédiés à l’Armagnac. Photos collection BNIA ©

Armagnac & Cognac

Quelles différences?